Santé : « Les français ne veulent plus avoir peur des maladies »

Rafraîchissant, moderne, et résolument optimiste, Emmanuel Macron a été élu pour libérer la France de ses carcans et redonner confiance au peuple Français.  Ce qu’il fait évidemment très bien avec la flexibilisation du code du travail et du dictionnaire, deux pavés dont on ne peut ignorer les méfaits. Mais cela n’est pas encore suffisant pour ce demi-Dieu, qui tient à répandre un souffle d’optimisme à tous les niveaux de la vie des français. Après la suppression du compte pénibilité (parce que le « travail bonheur » doit être source de joie !) ses prochaines cibles sont les maladies et les médicaments, sujets graves, qui font inutilement peur aux français.

Le Vidal, ce gros livre rouge.

Le Vidal est un dictionnaire des médicaments, dont l’évolution et l’apparence ne sont pas sans rappeler celles du Code du travail. Au départ, il ne comptait que quelques pages, quand aujourd’hui il en contient plus de 3000 ! Coïncidence ?

Pour Agnès Buzyn, médecin et ministre de la santé, le Vidal n’est plus adapté à la pratique médicale contemporaine : « Etant moi-même médecin, je sais l’importance qu’il y a à libérer mes confrères de ce dictionnaire bien trop lourd et épais. Il n’est pas simple de s’y retrouver avec ces milliers de médicaments. C’est une charge bien trop grande pour les médecins. C’est pourquoi je propose d’abandonner le Vidal, et de permettre aux laboratoires pharmaceutiques de conseiller directement les médecins sur les traitements les plus appropriés aux pathologies qu’ils rencontrent ».  Un service de conseil en ligne et par téléphone,  assuré par les laboratoires et disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 serait ainsi envisagé. L’idée est ingénieuse car elle libère également les médecins de l’apprentissage de la pharmacologie, les laboratoires connaissant bien mieux leurs propres médicaments.

Des maladies qui font peur

La suppression du Vidal est une bonne initiative mais elle n’est pas suffisante en soi, car elle n’affectera que peu la vie des français. Dans la lignée de la flexibilisation de la langue pour favoriser la « pensée printemps » en France, Emmanuel Macron voudrait supprimer ou au minimum modifier les noms de ces maladies qui font peur. En effet, pourquoi parler de polyarthrite rhumatoïde à un malheureux patient déjà en souffrance, quand on pourrait lui dire simplement « vous avez un petit rhume-articulaire » ?

Pour Emmanuel Macron cette réforme est nécessaire car « les français ne veulent plus avoir peur des maladies.  Comme pour le travail soi-disant « pénible », la maladie doit être vue de façon positive, comme une opportunité d’évolution, de changement, de renouveau. La maladie est un événement qui transforme l’individu, et qui fait marcher l’économie grâce aux laboratoires. Si en plus on pouvait privatiser les soins, imaginez la place que prendrait le malade dans notre société ! ». 

Un net avantage à tous les niveaux

Comme d’habitude, les idées d’Emmanuel Macron mettent tout le monde d’accord, puisque toutes les parties en retirent un bénéfice. La doctoresse Jeanne-Constance du Fleuri, de la clinique Saint-Jésus dans le 16e arrondissement de Paris, témoigne de l’amélioration que cette réforme pourrait apporter à sa pratique : « L’avantage c’est qu’il n’y aura plus de patients qui tombent en pleurs à l’annonce du diagnostic. Les consultations pourront donc être plus courtes, je pourrai voir plus de patients. J’ai testé hier en annonçant à ma patiente qu’elle avait une « petite boulette » du sein, et ça l’a fait rire ! Alors que d’habitude quand je parle de cancer, les gens s’effondrent dans mon bureau. Il pleurent, reniflent, collent leurs mains pleines de morve partout… c’est écœurant. »

Il va de soi qu’il faudrait également éviter de parler de « souffrance » à un  malade. Pour l’aider à voir la vie du bon côté, on pourra évoquer avec lui la chance qu’il a de ne pas être non-vivant. Décidément avec Macron, la vie promet d’être tellement plus belle !

 

Remerciements: 

La rédaction adresse un grand merci à @Siegfriedcode et @KADOVE1  pour nous avoir donné l’exclusivité.

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A propos de Alain Demamelle 23 Articles
Je pense que le journalisme actuel n’est pas adapté à la réalité des faits. C’est pourquoi j’ai choisi d’exercer mon métier chez francetvdésinfo, où j’ai pu trouver une éthique professionnelle à la hauteur de mes exigences, ainsi qu’une équipe qui m’apprécie tel que je suis: patriote (Vive la France!), digne (je porte même la cravate pour dormir), mamelu (obviously), mais surtout, dix-lequesique.

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